Contrôle URSSAF : trois mois pour contrôler, pas davantage

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Un contrôle URSSAF ne se subit pas. Il se prépare, se suit et se conteste avec méthode.

Pour les entreprises de moins de vingt salariés et les travailleurs indépendants, l’article L. 243-13 du Code de la sécurité sociale prévoit une garantie essentielle : le contrôle ne peut, en principe, pas excéder trois mois.

Ce délai court du début effectif des opérations de contrôle jusqu’à la lettre d’observations.

Une prorogation est possible, mais elle doit être expressément demandée.

À défaut, l’URSSAF ne peut pas prolonger librement ses investigations.


Un délai court qui peut faire tomber le redressement

Lorsque l’URSSAF dépasse le délai légal sans justification régulière, la procédure peut être annulée.

Cette nullité est une arme de défense majeure : elle peut entraîner l’annulation de la lettre d’observations, de la mise en demeure et, le cas échéant, de la contrainte.

Autrement dit, un redressement important peut être contesté non seulement sur le fond, mais aussi sur la régularité même du contrôle.

Attention aux exceptions invoquées par l’URSSAF

L’URSSAF peut tenter d’écarter le délai de trois mois en invoquant certaines exceptions : travail dissimulé, obstacle à contrôle, comptabilité insuffisante, documentation inexploitable ou transmission tardive des pièces demandées.

Depuis la loi de financement de la sécurité sociale pour 2023, une vigilance particulière s’impose : si les documents sont transmis plus de quinze jours après la demande de l’inspecteur, la protection du délai de trois mois peut être écartée.

C’est pourquoi chaque échange avec l’URSSAF doit être tracé : date de réception de la demande, date d’envoi des pièces, liste des documents communiqués, preuve de transmission.

Le formalisme reste une protection du cotisant

La jurisprudence récente rappelle toutefois que l’URSSAF ne peut pas se contenter d’affirmations générales.

Lorsqu’elle invoque une exception, elle doit établir un véritable constat, porté à la connaissance du cotisant pendant le contrôle.

Un simple courriel, une relance ou une justification formulée après coup ne suffisent pas nécessairement.

Le respect du contradictoire, des délais et du formalisme devient donc un levier essentiel de défense.

Une jurisprudence protectrice des cotisants

Cette analyse s’inscrit dans une jurisprudence de plus en plus exigeante à l’égard des organismes de recouvrement.

Le Tribunal judiciaire de Marseille, par jugement du 25 mars 2025, n° 22/01393, a rappelé que le « constat » permettant d’écarter la limitation de durée du contrôle doit correspondre à un acte formel, établi par une personne ayant autorité, et porté à la connaissance de la société pendant les opérations de contrôle ; il ne peut résulter ni d’une simple déduction a posteriori, ni de relances informelles.

Cette exigence rejoint la position de la Cour d’appel d’Amiens, 7 novembre 2022, n° 21/02455, qui impose une computation rigoureuse des délais, ainsi que celle de la Cour d’appel de Paris, 8 mars 2024, n° 19/09142, selon laquelle l’URSSAF ne peut régulariser tardivement un dépassement de délai par des documents internes non notifiés contradictoirement au cotisant.

Ces décisions confirment une idée simple : lorsque l’URSSAF ne respecte pas le temps du contrôle, le redressement peut tomber.
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L’expertise de TURLAN AVOCATS

Le cabinet TURLAN AVOCATS accompagne les entreprises, dirigeants, professions libérales et travailleurs indépendants confrontés à un contrôle ou à un redressement URSSAF.

Notre intervention consiste à reprendre la procédure depuis son origine : analyse de l’avis de contrôle, vérification du calendrier, contrôle des demandes de pièces, examen de la lettre d’observations, identification des nullités, réponse à l’URSSAF, recours devant la commission de recours amiable et défense devant le pôle social du tribunal judiciaire.

Face à l’URSSAF, la défense ne se limite jamais à discuter les montants réclamés.

Elle consiste aussi à vérifier si l’organisme a respecté les règles qui conditionnent la validité même du redressement.

Un contrôle URSSAF mal conduit peut être contesté.

Un redressement URSSAF irrégulier peut être annulé.

TURLAN AVOCATS vous accompagne pour transformer une procédure subie en stratégie de défense maîtrisée.

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